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Impressions

Vendredi 16 novembre 2012 5 16 /11 /Nov /2012 17:27

 

 

En rentrant du boulot, je remonte, sur cinq ou six kilomètres, une petite vallée encaissée dont les versants sont recouverts d’une forêt par endroits assez épaisse. Aujourd’hui, malgré l’extrême étroitesse de la route tout en virages, la présence sur la banquette arrière de quelques bières dont j’aurais détesté qu’elles se réchauffent puisque je me proposais de les consommer dès le seuil de ma maison franchi et le fait que j’écoutais Arabian Waltz de Rabih Abou-Khalil, j’ai brusquement garé tant bien que mal ma vieille voiture et j’ai pris quelques photos.

 

Automne 1

Automne 2

Automne 3

Automne 4

Automne 5

 

Plus tard, en arrivant sur le plateau encore généreusement ensoleillé, il m’est venu à l’idée qu’il y a de pires destins.

Par Sergeant Pepper - Publié dans : Impressions
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Samedi 22 septembre 2012 6 22 /09 /Sep /2012 23:20

 

Tant que je pourrai écrire, je me moque d’être lu.

Par Sergeant Pepper - Publié dans : Impressions
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Mercredi 29 août 2012 3 29 /08 /Août /2012 22:05

 

 

Si j’avais toujours, tout le temps, en permanence, au quotidien, du divin-cannabis-que-l’on-achète-sous-le-manteau, je vous le dis, je vous l’avoue, je le confesse à l’interface du monde, je n’écrirais plus un mot dans ce blog. Ou dans l’autre, puisque j’ai maintenant deux adresses. Non, je n’écrirais plus.

 

Voilà, c’est dit.

 

Et dit, ce devait l’être.

 

Ne me demandez pas pourquoi. Je serais incapable de vous répondre.

Aussi incompréhensible cela puisse-t-il paraître, aussi bien pour vous que pour moi, j’ai l’intime, violente mais confuse conviction que je me et vous dois d’être honnête.

Oui, vous avez bien lu : ma conviction est tout à la fois intime, violente et confuse. C’est possible. C’est tout à fait possible. On a déjà vu des convictions bien moins qualifiées être prises au sérieux.

 

Non, franchement, je n’écrirais plus rien. Plus rien du tout. Que dalle.

 

Je jouerais au croquet, dévorerais des romans indiens et mettrais la chaîne stéréo et ses quatre enceintes dans le jardin, près de ma natte et de son oreiller.

 

Je n’écrirais même tellement plus rien qu’il viendrait très certainement un moment où ce devrait être dit, révélé : « tiens, v’là un mec qui n’écrit plus, un mec qui a transcendé tout le truc ».

Les gens soupireraient.

Les gens soupireraient car ils aiment voir l’un des leurs prendre son envol. Ils sont jaloux, certes, mais l’envol d’un congénère vient leur rappeler que tout est possible.

 

Mais bon, je n’ai pas toujours, tout le temps, en permanence, ni même au quotidien, de ce divin-cannabis-que-l’on-achète-sous-le-manteau.

Et c’est tant mieux. Je suis encore trop jeune pour ce nirvana que souvent je frise.

 

Bref, les vacances sont finies et je viens d’écraser mon dernier joint.

Par Sergeant Pepper - Publié dans : Impressions
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Mardi 17 juillet 2012 2 17 /07 /Juil /2012 10:47

 

Oui, on a marché sur la dune. Ce fut par une journée agréablement venteuse et ensoleillée.

 

Au sommet de ce qui n’est après tout qu’un gros tas de sable, et ce fut là la première chose que je vis dès que je pus reprendre mon souffle et relever la tête, se trouvait une enfant magnifique, le visage encadré d’une longue et lourde chevelure blonde piquée çà et là de quelques mèches plus sombres.

Fermement plantée dans le sable jusqu’à mi-mollets, deux garçonnets plus jeunes encore à ses côtés, elle souriait à l’objectif d’un homme en sandales et chaussettes sombres. Hors champ, coups d’œil inquiets à gauche sur l’artiste, regards acérés à droite sur les petits modèles, une femme surveillait étroitement toute l’opération.

 

« Ne bougez plus », prévint enfin le photographe.

La femme cessa ses mouvements de tête, bloqua sa respiration et fixa ses yeux de méchant contremaître sur les enfants immobilisés.

 

Clic !

 

L’obturateur ne s’était pas encore refermé, je jure que l’obturateur ne s’était pas encore complètement refermé que la voix de la femme de proie a fusé, explosé. Dans le silence de la brise, son mépris et sa cruauté ont résonné comme une déflagration. « Quelle grosse conne, celle-là ! Elle a bougé ! Allez, putain, on se casse ! »

 

Les chaussures remplies de sable, incrédule, un peu sonné, soudain malhabile sur le sol mouvant, je me suis assis plus haut sur la dune. Un peu plus haut mais guère plus loin. C’est aussi moi que les phrases crachées au visage de la belle enfant, que les mots assassins avaient touché.

 

 

Petit Pepper, dont il me semble parfois qu’il demande trop souvent la permission de se livrer à l’évident, a roulé jusqu’au bas des deux pentes, côté océan d’abord et ensuite versant forêt.

 

Plus tard, une fois de retour dans la baie, il a marié, sous une vertigineuse montagne d’épaisse crème chantilly, un trio de boules de glace aux parfums et aux tons délicieusement mal assortis. Et bien sûr, parce que les yeux de son père sont plus gros que son ventre, il a fallu s’y mettre à trois pour l’aider, avec seulement deux cuillères, à venir à bout de l’énorme, improbable et précaire assemblage.

 

Dune

 

 

 

[Note : il a été décidé de prolonger les vacances d’une semaine. Il se pourrait donc que, bientôt ou bien plus tard, je revienne vous présenter quelques instantanés de mon séjour entre vignobles et océan. Il est un moineau, quelques bateaux, des cordages, une demi-douzaine d’huitres, des vagues, un problème de pneumatiques, un bar dans la tempête, un concert passablement arrosé et deux ou trois autres trucs dont j’aimerais bien vous entretenir à l’occasion. On verra.]

Par Sergeant Pepper - Publié dans : Impressions
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Samedi 9 juin 2012 6 09 /06 /Juin /2012 08:43

 

Que diriez-vous, par une belle et timide matinée, de faire quelques pas dans un jardin où rien n’est pétrifié qu’un peu d’ombre et de lumière, d’ocre et de verts ne sachent éveiller ?

 

Nous pourrions y croiser des visages détachés dont les paupières mi-closes cachent des yeux sereins et peut-être autre chose, comme un secret ancien.

Nous pourrions y approcher l’oreille de lèvres scellées et sentir le souffle ténu de confidences chuchotées.

Nous pourrions y rencontrer de l’immobilité, y entendre du silence et, plus tard, témoigner qu’une caresse du soleil, un chatoiement coquin qui se posent sur un gisant ou s’abandonnent sur des seins sont une onde de vie, un pas de danse, un instant d’éternité.

 

Nous pourrions tout simplement, délicatement, ondoyer au gré des éclats de pénombre, des fragments de clarté, nous taire et nous laisser pénétrer.

 

Terre cuite 1

Terre cuite 2

Terre cuite 3

Terre cuite 4

Terre cuite 5

Terre cuite 6

Terre cuite 7

Terre cuite 8

Terre cuite 9


Ces superbes et apaisantes photos, qui sont l’œuvre de mon ami Russell et que j’utilise avec sa très gracieuse permission, ont été prises – l’an dernier, me semble-t-il – à Chiang Mai, Thaïlande, dans le jardin d’une fabrique d’objets en terre cuite. Ce Russell est l’homme grâce à qui, en novembre 2011, vous aviez pu côtoyer, peut-être pour la première fois de votre vie, une véritable déesse vivante.

 

Qui ne comprendrait pas le titre de cet article et voudrait en savoir plus entrera In-A-Gadda-Da-Vida dans un moteur de recherche pour en trouver l’origine et la signification.

Par Sergeant Pepper - Publié dans : Impressions
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Mardi 5 juin 2012 2 05 /06 /Juin /2012 08:46

 

Encore des vieilles portes. De nouveau des vieilles portes.

 

La passion s’affirme, l’obsession se confirme, le trouble se précise, le penchant ne fléchit pas.

 

J’aime bien les portes en bois, j’aime assez les portes anciennes et, dans la mesure où elles sont plus intéressantes à photographier que les portes ouvertes, j’aime raisonnablement les portes fermées.

Mais cela ne signifie pas que j’aime toutes les portes en bois, toutes les portes âgées et toutes les portes closes. Disons, pour expliciter mon inclination, que j’apprécie surtout les vieilles portes en bois fermées qui ont des choses à raconter. Mon estime procède du cumul.

 

En voici deux, rencontrées dans le Lot, à la sortie d’un village qui, parce qu’il s’élève sur un plateau venteux très à l’écart de l’axe passager, ne compte plus aujourd’hui que 63 habitants (j’ai consciencieusement vérifié les données démographiques de l’Insee).

Elles appartiennent toutes deux à un bâtiment de pierres souvent disjointes qui, daté de 1875, abritait jadis un café en son niveau inférieur.

L’une, celle du café proprement dit, s’ouvrait à l’est, sur une cour ombragée qui desservait également une petite grange mitoyenne dont la porte est toute en larges planches sombres.

L’autre, qui menait à l’unique étage, là où se trouvait sans aucun doute le logement du paysan-limonadier, donne sur le sud et sur la route étroite d’où l’on venait d’aplomb et repartait parfois en oblique.

 

Je vous laisse maintenant écouter à ces portes que j’ai dérobées les bons mots, le vin mauvais, les rires, l’animosité, les saillies, les gorges déployées, les bougonnements des taiseux, les coups de poings, la solidarité, les rancœurs, les amitiés mille fois ravaudées, l’entrechoc des verres rayés, la vie d’un village presque reclus et les ultimes rumeurs de sa dernière génération morte enracinée.

 

Porte Café 1

 

Porte Café 2

 

Voir l'album Villages

Par Sergeant Pepper - Publié dans : Impressions
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Vendredi 1 juin 2012 5 01 /06 /Juin /2012 18:21

 

J’ai trouvé le mot ci-dessous, plié et replié jusqu’à ne pas être plus grand qu’un timbre-poste, dans le tiroir d’une salle de classe. Quand je l’ai ouvert, il m’a semblé que c’était un petit soleil que je déballais.

 

Il est certaines choses qui ne changent pas. Et je trouve cela plutôt rassurant, même si j’eus préféré, et de très loin, que le destinataire répondit en lettres rouges : « Oui, oui, oui !!! Moi aussi, je veux sortir avec elle. Moi aussi, je veux sentir battre mon cœur. Moi aussi, je veux éprouver des frissons, des tremblements et des rougeurs. Moi aussi, je veux avoir peur au point de ne jamais prendre sa main. Oui, oui, oui, je veux sortir avec la fille qui veut sortir avec moi. Je n’ai même, de toute ma vie, jamais voulu quelque chose avec autant de force. »

 

Mot d'écolier

Par Sergeant Pepper - Publié dans : Impressions
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Vendredi 1 juin 2012 5 01 /06 /Juin /2012 09:22

 

La couleuvre verte et jaune (Hierophis viridiflavus) qui habite dans les anfractuosités de ma vieille maison n’est, cette année, sortie que très tard de son hibernation.

Souhaitons-lui, maintenant qu’elle est enfin sur pied, une bonne chasse aux lézards, aux rongeurs et, surtout, car il semblerait qu’elle ait un certain goût pour ce qui rampe, aux vipères qui pourraient songer à s’installer dans mon jardin. Ou devrais-je plutôt dire, puisque c’est de bon cœur que je partage avec elle mon territoire, dans notre jardin.

 

Couleuvre verte et jaune

Par Sergeant Pepper - Publié dans : Impressions
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Jabeur

Moncef Marzouki, fais pas chier et libère Jabeur Mejri immédiatement et sans condition.

 

Free Jabeur-copie-1 

 

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Hamza

Hamza Kashgari est un journaliste/blogueur saoudien en grand danger. Un des rares moyens que nous avons de l’aider est de demander aux autorités françaises d’intercéder en sa faveur.

Signez la pétition.

 

HAMZA KASHGARI

 

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  • : 07/07/2009
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