
Mathilde Seigner est actrice et belle-sœur de Roman Polanki. C’est une femme qui veut beaucoup de choses. On sent qu’elle est habituée à ce que les gens lui obéissent.
« Je veux que l'opinion publique, je veux que les gens, lorsqu'ils font des commentaires sur cette histoire, pensent à ma sœur et à ses enfants, ceux de Roman Polanski... Je voudrais donc que la presse arrête d'écrire quoi que ce soit sur le sujet ».
L’opinion publique, cette drôle d’expression, est une hydre monstrueuse qui a autant de claques-merde qu’elle a généralement peu d’idées originales. On peut dire beaucoup de choses sur elle mais on ne peut pas lui demander de se taire et, surtout, de penser avec compassion à des gens qu’elle ne connaît pas. L’opinion publique, Polanski, sa femme, qui est également actrice, et sa belle-sœur ne fréquentent généralement ni les mêmes bijouteries ni les mêmes restaurants.
On ne peut pas exiger plus de l’opinion publique que de la météo. On ne peut pas vouloir qu’elle s’indigne de la déviance de Marcel mais qu’elle se taise ou qu’elle pèse ses mots dès qu’il s’agit de celle de Roman à l'eau de rose.
Bref, nous, l’opinion publique, les gens, les moins que rien, nous nous foutons des « je veux » de Mathilde. Au moins autant que Roman Polanski s’est foutu des « je ne veux pas » de sa victime haute de 13 printemps.
Quant au « je voudrais que la presse arrête d’écrire… », bien que son conditionnel traduise un brin plus d’humilité, il se dégage une certaine ironie de cette phrase. On ne peut pas parler de soi et des siens à la presse pour lui demander d’arrêter d’écrire sur soi et les siens. Ça ne tient pas debout. Surtout quand on a convoqué ladite presse pour faire la promotion de son prochain film qui sortira le 11 novembre et dont on espère qu’il plaira à l’opinion publique, cette hydre bavarde dont dépend la fortune des gens du cinéma. On ne peut pas vouloir que la presse parle de soi quand on sort un film et qu’elle ferme sa gueule quand le beauf, célèbre et talentueux, encule une enfant à qui il a au préalable filé alcool et drogue afin qu’elle soit plus enculable. Les épouses et les enfants des pédophiles de base ne bénéficient pas de ces prérogatives.
Emmanuelle, puisque c’est là le prénom de la femme de Polanski, aurait peut être dû « penser » avant d’épouser un pédophile toujours recherché par la justice. La pédophilie est rarement une erreur de jeunesse. C’est souvent une maladie chronique. Quand on épouse, en connaissance de cause, un délinquant sexuel, il faut en accepter toutes les conséquences. Pour soi et pour ses futurs enfants. Elle devrait déjà s’estimer heureuse que son mari ne s’en soit pris qu’aux enfants des autres. Tous les malades sexuels n’ont pas de tels égards. Ceci dit, j’ai pitié de leurs gamins, ils n’ont pas choisi leur père.
L’avocat de Polanski, en prison à Zurich depuis un mois, vient d’annoncer que son client pourrait lui-même prendre la décision de renter aux States
pour s’expliquer avec la justice si la procédure d’extradition prend trop de temps. J’ai comme l’impression que maître Kiejman, un ancien ministre dont les services doivent valoir la peau du
cul, veut nous faire croire que Polanski le prisonnier dispose encore d’un choix essentiel. J’ai également l’impression qu’il rejette la lenteur de la procédure sur les autorités suisses et
américaines alors que c’est lui-même qui ne cesse de déposer des recours pour empêcher ou ralentir ladite extradition.
Maître nous rappelle aussi que la victime a accordé son pardon. C’est très bien, très courageux de la part de la proie mais un avocat devrait savoir
que le pardon d’une victime n’a aucune valeur légale.
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Je donne peut être l'impression d'être dur avec Polanski, dans cet article ou dans le précédent, mais le viol d'un enfant
est un des rares crimes pour lequel il m'est difficile de trouver des circonstances atténuantes. De plus, 31 ans d'exil doré ne constitue pas une peine.
Moncef Marzouki, fais pas chier et libère Jabeur Mejri immédiatement et sans condition.
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